La genèse d’un lieu de rêve
À Wemotaci, en 2001, Manon Barbeau scénarise un long-métrage de fiction avec des jeunes atikamekw. Leur potentiel créatif et leur grand sens de l’image la touchent. L’isolement et la détresse de certains d’entre eux aussi. Quelques années plus tôt, à Québec, dix jeunes de la rue, souvent rebelles, toxicomanes ou judiciarisés, ont collaboré de façon extraordinaire à la scénarisation et à la réalisation de L’armée de l’ombre. Eux aussi l’ont profondément émue. Pour la réalisatrice, c’est au cœur même de ces rencontres qu’a pris racine le Wapikoni mobile.
Pour offrir à plus de jeunes un lieu de rêve sans consommation, de rencontres entre pairs, d’expression, d’apprentissage, d’échange et de valorisation, elle a depuis consacré temps et énergie à élaborer ce projet qui lui est si cher. Très tôt, l’Office national du film lui a accordé sa collaboration et son soutien. Puis, d’autres précieux partenaires ont pris part à l’aventure.
Un studio ambulant
Le 17 juin 2004, le rêve devient réalité : le Wapikoni mobile prend la route pour la première fois. Depuis, il procure à des jeunes sans cesse plus nombreux la possibilité de s’exprimer en réalisant, seuls ou en groupe, des films ou des enregistrements musicaux.
Des studios permanents
Dans la foulée de ses escales, un premier studio Wapikoni permanent est officiellement inauguré, en janvier 2006, à Wemotaci. Au moment d’écrire ces lignes, d’autres communautés s’apprêtent, elles aussi, à mettre sur pied leur propre studio permanent. L’objectif ultime de la Corporation du Wapikoni mobile? Une série de studios formant la première coopérative de production audiovisuelle autochtone. À suivre!